Tourne le vent, danse et soulève la neige,

Dévoile cette glace qui à leurs yeux protèges,

Donne-lui donc la clef qu’elle avait prit d’elle-même,

Montre-lui donc la chair où la graine se sème.

Elle a déjà germé, elle est encore présente,

Déchirant la douleur, un sourire qui la hante,

Un passé trop présent dans les racines profondes

De ce qui pourrait être le cœur de l’arbre monde.

Et les mains sur la glace qu’elle passe avec douceur,

Elle en nourrit la graine, lui donnant sa chaleur,

Murmurant à la chaire elle lui coule le rêve,

Et abreuvant les feuilles elle réchauffe la sève.

Elle a ouvert l’armure comme on ouvre une porte,

Sans frapper, sans violence, soulevant la chaine morte.

Elle y a vue des fleurs que je ne connaissais,

Elle a vue une beauté que je n’apercevais.

Elle m’a donné sa clef et elle a pris la mienne,

Elle a nourrit ma graine, moi j’ai semé la sienne.

Un bel arbre de feu qui brule dans nos chaires,

Un amour si présent que jamais ne se perd.

Je l’aime.